mardi, 29 avril 2008
Le coupable idéal
Non ce n’est pas un le titre d’un nouvel épisode du juge est une femme même si, même si… J’aurais également pu intituler cette note : Accusé Grossmann, levez vous !
C’est un refrain très à la mode depuis la défaite pardon, la fessée, subie par l’ancienne majorité municipale.
« Si on a perdu c’est de la faute de Robert » « dès que Robert ouvrait la bouche il nous faisait perdre des points » « Sans lui on aurait gagné » etc etc
Bref, ils sont nombreux à y aller de leur petit couplet sans bien évidement être capables de se remettre personnellement en cause. Même le président de l’UMP si est donné à cœur joie (il continue d’ailleurs) oubliant au passage sa responsabilité dans le score de la droite à Illkirch….
J’avoue, j’avoue, moi aussi je me suis posé la question car il faudrait être aveugle, autiste, bouché à l’émeri,… pour ne pas admettre que le coupable (comme on dit dans les milieux intéressés) n’a pas que des amis.
Il faut dire que le bougre a eu le malheur de toujours faire passer ses convictions avant ses ambitions personnelles (Pour comprendre et pour ceux qui ne l’aurait pas encore fait (c’est honteux !!!) je vous invite à lire son dernier ouvrage : l’Appel du Gaullisme.)
Il faut dire qu’il a aussi du caractère et ça, dans une société qui préfère le consensuellement mou, qui préfère les petits discours convenus, qui fait du surplace sa philosophie, qui préfère le faire semblant à l’être, ça ne passe pas toujours.
Au sein de la classe politique locale, on jalouse depuis longtemps ses facilités d’orateur, sa plume, sa culture et même ceux qui ont su profiter au mieux du système pour arriver se trouvent éteints à ses cotés. Le talent, ça ne se décrète pas. On l’a ou on ne l’a pas !
Enfin voilà, comme d’autres j’aurai pu choisir la facilité et pointer du doigt le coupable déjà trouvé. Ainsi, faire une analyse critique de l’échec devient caduc et le traditionnel « Circulez il n’y a rien à voir ! » suffit à faire la rue Michel.
Oui mais voilà, un peu de réflexion permet de rapidement comprendre qu’on ne perd pas une élection avec 17 points d’écart par la faute d’un seul homme. Les raisons sont multiples et mériteraient la rédaction de plusieurs notes tant elles sont nombreuses…
Un peu de réflexion permet aussi de comprendre que sa connaissance fine des arcanes administratives, que son expérience politique, que ses talents innés d’orateurs peuvent permettre la reconstruction de la droite locale.
Et, cerise le gâteau, contrairement à d’autres élus il « souhaite "allumer" des convictions fortes auprès des plus jeunes » tout en les aidant à percer dans le paysage politique. En voilà une bonne nouvelle pour les jeunes qui sont traditionnellement la cible dans les loisirs politiques de ball trap… En voilà une bonne nouvelle pour les jeunes qui sont généralement utilisés par les politiques tant qu’ils rendent service et jetés comme des Kleenex après utilisation…
Attention ! Il ne faut pas pour autant tomber dans le jeunisme. Inutile de vouloir mettre des jeunes partout pour des histoires de com’. Inutile de vouloir décliner des jeunes à toutes les sauces pour faire in. Il faut préférer le fond et le sens à l’image.
Bref, quand on a la chance d’avoir comme "maitre" un Robert Grossmann, il faut le bichonner, il faut le cajoler (ça me dit quelque chose cette phrase…)
Et puis quand on est jeune, il faut aussi accepter la compétition, il faut l’aimer sans pour autant faire abstraction de ses convictions. Programme difficile mais indispensable pour que la droite puisse encore exister à Strasbourg mais aussi en Alsace…
21:14 Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : grossmann, robert, coupable, avenir, jeunes
dimanche, 06 avril 2008
La Russie : L'avenir de l'Europe
Voilà un moment que je me questionne sur le traitement réservé à la Russie ainsi qu'à ses dirigeants. Est-elle moins démocratique que l’Arabie Saoudite, l’Iran, la Syrie , l’Algérie, le Maroc,… ? Les violences y sont-elles plus courantes ? La Mafia y est-elle plus développée qu’en Italie ou en France.
Ce traitement à deux vitesses me laisse dubitatif d’autant que pour les américanophobes, elle devrait logiquement constituer une alternative acceptable. Pourquoi ce discours à sens unique (pour ne pas dire la pensée !) de la part des diasporas européennes ?
Cette semaine, j’ai enfin pu entendre une nouvelles voix dans cet océan de bonnes paroles à travers un article paru le 4 avril dans le Figaro.
Cela me fait penser que le traitement réservé à la Chine n’est guère mieux d’autant que les manifestants d’aujourd’hui manifestaient hier (en 68 par exemple) grâce son importante aide financière et, cerise sur le gâteau, en se revendiquant de Mao alors qu’il venait d’annexer le Tibet…
Revenons-en à la Russie et découvrez le fameux article ci-dessous. La Chine fera quant à elle l’objet d’une nouvelle note.
La Russie sera-t-elle la dernière carte de l'Europe ?
Par Paul-Marie Coûteaux. Le député européen, directeur de l'Indépendance, rentre de Moscou, où il a découvert un pays en pleine expansion, qui devrait devenir un partenaire privilégié de l'Union européenne.
«Quelle ville ! Mon dernier rendez-vous était à 2 heures du matin», s'étonne mon voisin du vol Moscou-Paris, homme d'affaires français qui ne tarit pas d'éloges sur le nouvel eldorado russe. Il n'est pas seul à s'émerveiller : de ce journaliste d'un grand groupe de communication français qui crée une radio bientôt devenue la seconde à Moscou à cet entrepreneur des BTP découvrant à chaque voyage de nouveaux potentiels sibériens, combien sont ébahis par le décalage entre le discours ambiant sur la Russie , systématiquement dépréciatif, et ses innombrables promesses, ses capacités d'accueil, le dynamisme des entrepreneurs russes et la faveur réservée aux Français, écho à la vieille amitié franco-russe aujourd'hui en déshérence politique.
Aux yeux des divers maîtres de notre opinion publique, tout fait balle contre la Russie : la répression décrite comme féroce du terrorisme islamique, tchétchène ou autre, le rôle des mafias, le portrait d'une jeunesse vaguement houligane et livrée à la drogue, et par-dessus tout l'image dictatoriale de Poutine, chanson sur laquelle on a brodé à l'infini à l'occasion de l'élection du «dauphin» Medvedev, comme si un dictateur quittait de lui-même le pouvoir. Étonnante litanie de reproches contre un peuple qui soutient à l'évidence la politique de M. Poutine (lequel a, en huit ans, multiplié le pouvoir d'achat moyen par six) et paraît tout entier mobilisé au service de la prospérité de la «mère patrie» enfin un peuple qui ne se déteste pas lui-même : serait-ce son crime ?
Alors que la Russie est l'un des pays les mieux dotés en matières premières de toutes sortes, et le plus étendu du monde (sa superficie utile s'accroît à mesure des progrès techniques comme du dégel des mers septentrionales), alors qu'elle pourrait être le poumon inespéré d'une Europe anémiée, privée de perspective et de plus en plus dépendante pour ses approvisionnements essentiels, alors que la partie orientale de notre continent possède ce qui manque à sa partie occidentale et réciproquement, alors que, en un mot, les coopérations seraient naturelles dans de multiples domaines (y compris politiques et culturels), l'opinion est entretenue dans de récurrentes préventions. C'est au point qu'un magazine a fait sa couverture sur «la nouvelle menace russe» après une élection présidentielle dont il est à croire qu'on rêverait dans certains cercles qu'elle ait déstabilisée l'équipe dirigeante et rendu notre voisin aux épouvantables désordres des années Eltsine, dites «démocratiques» mais honnies par les Russes il est vrai qu'Eltsine et ses boys formés aux États-Unis furent utiles à nos alliés américains… Au reste, une démocratie occidentale qui transforme les courses présidentielles en drainage de «dons» et s'assoit sur les résultats de référendums populaires n'a plus guère de leçons à donner, d'autant moins à un pays qui l'a expérimentée pour le pire, qui a ses voies et traditions propres et n'entend pas, lui, se renier.
À l'évidence, la stigmatisation de la Russie a pour Washington et l'Otan l'avantage de reléguer dans les ténèbres extérieures un pays qui pourrait bien, s'il redressait sa démographie (à quoi s'emploie «l'ultranationaliste» Poutine), devenir l'une des premières puissances du monde. L'objectif est de séparer ce prometteur voisin d'une Europe de l'Ouest qu'il est ainsi beaucoup plus aisé de tenir sous contrôle. Divide ut regnes, la formule impériale est connue, mais il est désolant que les «élites» ou plutôt les oligarchies européennes tombent dans le piège il semble d'ailleurs que les géostratèges de Bruxelles s'ingénient à nier la composante orthodoxe de notre continent comme le montre, outre la russophobie de commande, l'époustouflante affaire du Kosovo où Bruxelles n'hésite pas à jouer contre elle la carte musulmane… C'est que l'enjeu est immense : qu'on s'imagine une «grande Europe» allant de Brest à Vladivostok comprenant une Sibérie qui n'est pas moins européenne que la Turquie et qui, libérant nos États, nos entreprises et nos peuples des carcans bureaucratiques de la vieille Union européenne, nous permettrait de participer librement à sa mise en valeur, comme nos partenaires russes le réclament.
Or, si l'Europe droguée à l'atlantisme ne se réunifie pas, si elle ne recouvre pas son indépendance et la conscience de ses intérêts à long terme face aux vraies menaces, celles d'un monde dont le centre est en train de quitter ses rivages, en un mot si nous ne comprenons pas que la Russie est pour le XXIe siècle notre meilleure carte, alors celle-ci se tournera vers d'autres alliances. Il faut écouter le récit des voyageurs du train Moscou-Pékin, il faut voir ces grandes villes sibériennes transformées en immenses chantiers aux mains de capitaux chinois, japonais ou arabes, il faut scruter les programmes du trop méconnu «groupe de Shanghai» (alliant notamment Chine, Russie, républiques d'Asie centrale et Iran (voir sur ce sujet le général Pierre-Marie Gallois in «Les Cahiers de L'indépendance» n° 4) pour sentir que l'Europe en général et la France en particulier doivent d'urgence repérer le futur pivot du monde, déjouant ainsi une marginalisation géopolitique annoncée et comme voulue par ses oligarchies.
La France pourrait être la maîtresse d'œuvre du renouveau européen : ce n'est pas par hasard que le gouvernement russe a choisi Paris pour accueillir bientôt le grand Centre de coopération en Europe qu'il a placé sous la houlette d'une femme politique de renom, Natalia Narotchnitskaïa, autour d'un livre bouleversant Que reste-t-il de notre victoire ? (éd. des Syrtes) ; elle y rappelle opportunément que, par deux fois au XXe siècle, la France doit au peuple russe d'avoir été sauvée de l'impérialisme allemand. Une fois encore, la conscience du passé dessine l'avenir. Hâtons-nous de retrouver la politique de la France ; le monde ne nous attendra pas.
12:46 Publié dans Mes humeurs | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : russie, europe, avenir, poutine, medvedev, pensée unique



