jeudi, 26 juin 2008
Publicité et 100 jours
Le débat actuel sur la publicité à la télévision m’interpelle d’autant qu’il fut pendant de nombreuses années le cheval de bataille de la gauche. Depuis décembre dernier nous assistons à un retournement de veste avec une défense énergique de la pub à la télé. C'est tout juste si on ne nous propose pas d'en diffuser encore plus sur les chaines publiques... Allez comprendre !
Voici un article paru en septembre 1998 dans les DNA. La ministre de la culture d’alors avait son opinion sur la question… Cet interview est aussi une manière de saluer les 100 jours de Roland Ries qui passe pour un homme droit, un homme d’honneur… Si Catherine avait su à ce moment là… Souvenirs, souvenirs...
Trautmann : « Je veux réussir par la preuve »
La ministre de la Culture et de la Communication dresse le bilan de sa première année au gouvernement, et promet des surprises pour 1999. Elle défend sa méthode « strasbourgeoise », assume sa prudence médiatique, parie sur la durée, et répète sa fidélité à Strasbourg.
BUREAU DNA-PARIS
Catherine Trautmann : « La question de mon retour à Strasbourg n'est pas encore d'actualité. Il se fera le moment venu, en parfaite harmonie avec Roland Ries
DNA : Comment avez-vous vécu ces quinze premiers mois au gouvernement ? – Catherine Trautmann : Mon arrivée au gouvernement s'est faite dans des conditions inattendues, mais cette année a été intense. Comme porte-parole, j'ai été impliquée plus que d'autres dans la vision d'ensemble du gouvernement et dans l'échéancier du Premier ministre. J'ai aussi de la chance, on me donne le temps de travailler, ce qui marque une rupture, sur ce point aussi, avec les méthodes des Premiers ministres précédents.
DNA : Quelles sont les difficultés qui vous ont marquée ? - J'ai dû faire face à un état général des affaires de mon ministère que je n'imaginais pas. Je devais aussi opérer un net redressement budgétaire. Et, en attendant, j'ai dû faire face sans les moyens financiers suffisants pour affirmer mon ambition dans ce ministère. Et puis, le risque d'invalidation de mon élection a pesé lourd pendant les premiers mois, rue de Valois.
DNA : Vous avez également été critiquée sur votre style, et sur vos méthodes... - J'ai conscience d'avoir effectivement changé les approches, le style, et même l'image du ministre de la Culture. Mais c'est comme ça : j'ai besoin d'un temps de travail sur le fond avant de prendre les décisions. Je n'ai pas fait non plus dans la facilité en choisissant de m'attaquer en même temps à plusieurs dossiers coriaces. Sur le style, c'est vrai, je ne suis pas une adepte de la posture médiatique. Quand j'annonce des choses, je veux être sûre de pouvoir les réaliser.
DNA : Tout de même, les attaques ont été parfois rudes, y compris dans votre propre camp. - Je travaille en politique par la preuve et je sais que l'année 1999 sera une année de concrétisation. Je pense que la perception de mon action par l'opinion sera logiquement beaucoup plus forte. Et puis, il y a eu, c'est vrai, des critiques de caractère politicien. C'est le jeu de la vie politique parisienne microcosmique et narcissique. Sur les critiques de fond, j'ai écouté, et parfois je les ai prises en compte. Mais je n'ai jamais voulu, non plus, travailler en fonction d'un lobby d'opinion.
DNA : Quelle est la ligne de force principale que vous avez voulu donner à votre action ? - Donner plus de chance à la création mais aussi à tout ce qui a été laissé pour compte dans la gestion structurelle, au jour le jour, de la Culture : les archives, le patrimoine et notamment l'usage de la numérisation pour le recenser, mais aussi la popularisation d'Internet dans l'univers culturel. Alors c'est vrai, en ouvrant tous ces chantiers à la fois - ce que j'ai déjà vécu à Strasbourg - j'ai pu donner une impression de confusion. Mais j'assume parfaitement cette première phase, indispensable, de mon travail. J'ai, je le reconnais, un handicap. Mon ministère est important sur le plan symbolique, mais il n'a pas suffisamment été pris en considération pour le rôle qu'il joue dans l'administration.
DNA : La grande priorité de votre politique, c'est « la culture pour tous ». Quelle est, à vos yeux, la clé de cette démocratisation de la culture qu'évoquait déjà Malraux dans les années 60 ? - Ce sont les enseignements artistiques. Voilà effectivement des années qu'on parle de les développer, mais ce n'est pas le cas ! Il y a une terrible force d'inertie qu'il faut dépasser. Et ce n'est pas seulement une question de loi. Il faut parvenir à impliquer les gens eux-mêmes. Comme me disait Yehudi Menuhin, donner un instrument à un enfant, c'est lui donner une approche tactile, physique des choses. Sur le fond, il faut aussi désacraliser la culture. En faire tout simplement un goût de la vie. Et pour moi, il n'y a pas de tabou sur ce point. Je travaille également à l'interpénétration de la culture et de la communication.
DNA : Justement, l'élaboration de la loi sur l'audiovisuel est apparue chaotique aux yeux d'un certain nombre de professionnels. Est-ce vraiment un dossier ingérable ? - Non. Je crois que notre pays a besoin d'une réforme de l'audiovisuel, même si, c'est évident, je ne réglerai pas tout avec des textes législatifs ! Je veux, d'une part, renforcer le service public et, d'autre part, éviter les risques d'influence économique sur l'information.
DNA : Bâtir une télévision publique de qualité et tenir la distance dans une course à l'audience, n'est-ce pas une chimère ? - Non, ces deux objectifs sont compatibles et nous allons avoir des surprises. Cette qualité se verra à l'écran. Je ne veux plus, par exemple, de tunnels de publicité sur les chaînes publiques, et le respect de la ponctualité devra être une règle. Cela dit, je ne suis pas publiphobe, et je constate que la fuite en avant en matière de publicité est aussi le résultat du désengagement de l'État. Il faut donc donner plus de moyens aux chaînes publiques, tout en préconisant la complémentarité de leurs programmes. Et je suis persuadée qu'elles constitueront un pôle de référence qui aura des effets sur le contenu du secteur privé. Tout le monde y gagnera.
DNA : Vouloir intervenir pour modeler l'esprit même de l'audiovisuel public, n'est-ce pas revenir à une forme d'interventionnisme que la gauche a précisément dénoncée avant d'arriver au pouvoir en 1981 ? - Non ce n'est pas la même chose. La gauche en 81 voulait en finir avec l'interventionnisme politique. Moi, ce que je veux aujourd'hui, c'est éviter que la liberté acquise permette à l'influence économique de dénaturer l'information du plus grand nombre. Par ailleurs, il ne s'agit pas de nous immiscer dans la gestion des chaînes, mais, logiquement, de jouer notre rôle d'actionnaire !
DNA : Décomplexée ? -Totalement. Au fond, d'une certaine manière, j'introduis plus de liberté... Cette nouvelle forme d'engagement incarne la réforme de l'État entreprise par Lionel Jospin.
DNA : Qu'est-ce que vous entendez exactement par amélioration de la qualité sur les chaînes publiques ? - La qualité, ça ne veut pas dire que France 2 ne doive plus être une chaîne populaire. Je crois, au contraire, au rassemblement des publics. Il faut sortir de la comparaison avec TF 1 qui est devenue complètement réductrice. Je m'intéresse, notamment, à la production qui risque de s'appauvrir.
DNA : Dans votre propre majorité, certains députés se sont montrés sceptiques, non ? - Peut-être, mais ils sont, à mon sens, isolés. Car ce projet de loi est un projet de loi de tout le gouvernement et une chance unique. Si l'État s'engage financièrement, il exigera, comme cela est normal, une contrepartie du service public qui se traduira pas des contrats pluriannuels et des contrats d'objectif. Je tiens à préciser que la redevance ne sera pas la quadrature du cercle. Il faudra également faire des choix. Or, par exemple, France 2 a été le symbole du non- choix pendant des années et on a laissé la situation de cette chaîne à vocation généraliste et tous publics se dégrader. France 2 ne sera pas privatisée, c'est la branche maîtresse. Il n'est pas question de s'en séparer.
DNA : Venons-en à Strasbourg. L'arrachement a-t-il été douloureux lorsque vous vous êtes démise volontairement de votre mandat de maire ? - J'ai la chance d'avoir une équipe qui a pu supporter ma prise de fonction au ministère. Ma complicité avec Roland Ries et avec l'équipe municipale nous a permis de traverser tellement d'épreuves. Elle est aujourd'hui un atout.
DNA : Mais le succès de Roland Ries n'est-il pas une menace pour vous ? - Je ne vois pas les choses comme ça et je ne peux que me réjouir de la réussite de Roland. De mon côté, je peux travailler dans ce ministère en toute sérénité et il sait qu'il peut compter sur moi. Mais, c'est vrai, Strasbourg m'a manqué. Je sais aussi que les Alsaciens espèrent mon succès dans ce ministère.
DNA : Un retour est-il possible ? Car c'est la question qui semble se poser pour tous les maires qui, comme vous, ont dû démissionner volontairement pour respecter la règle imposée par Lionel Jospin. - Je n'ai pas quitté Strasbourg. Je reste attachée à ma ville et à l'Alsace. Je suis d'ailleurs amenée à défendre certains dossiers comme les contrats Plan-État-Région, les crédits logements, les aéroports, le Parlement Européen, le régime local ou encore l'emploi chez De Dietrich ou Orangina. La question de mon retour n'est pas encore d'actualité. Il se fera le moment venu en parfaite harmonie avec Roland Ries comme nous nous y sommes engagés en toute loyauté. J'assume le fait que Roland Ries exerce son mandat pleinement. Notre équipe sortira renforcée de nos succès respectifs. Je crois avoir impulsé de l'énergie à cette ville, et je sais que l'équipe avec laquelle j'ai travaillé compte avec moi pour l'avenir.
Propos recueillis : par Olivier Picard
13:32 Publié dans Revue de Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pub, télévision, supression, 100 jours, trautmann, ries
dimanche, 09 décembre 2007
Les soutiens affluent pour Fabien Bresson !
Ils l’ont fait ! Michèle Plataret et Fabien Bresson ont monté leur liste et déjà, de nombreux soutiens de Fabien s’engagent en faveur de l’Equipe "Aimer Schilick" ! De droite, du centre ou de gauche, ils prennent tous position pour faire triompher David face à Goliath (sauf que Goliath est visiblement tombé dans la potion magique lorsqu’il était petit…)
Encore une vidéo qui va faire grincer des dents et encourager des censeurs à légiférer pour interdire les blogs…
En attendant, Plataret et Bresson habitent Schiltigheim alors que d’autres…
01:21 Publié dans Municipales et Cantonales 2008 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Bresson, Schiltigheim, Plataret, Schneider, Trautmann, UMP
mercredi, 14 novembre 2007
Nouveau stade : on avance, on avance, on avance,...
On progresse pour la construction d’un nouveau Stade… (voir ici) J’en profite pour mettre en ligne l'hymne du Racing de Virginie Schaeffer.
A lire aussi les précédents articles ici et ici
17:50 Publié dans Municipales et Cantonales 2008 | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Racing, Stade, Keller, Grossmann, UPS, Ries, Trautmann
jeudi, 25 octobre 2007
Les rois du désert !
6 ans après leu "dimanche noir", ils sont de retour, prêts à tout pour prendre leur revanche. Ils sont officiellement unis et rien ne sera épargné à leurs vainqueurs.
En 2002, le mot d’ordre était de dénoncer l’immobilisme de la nouvelle équipe municipale. En 2004, c’était le trop plein qui était critiqué et aujourd’hui, il y aurait trop de béton. En 6 années, tout y est passé y compris le recours à la justice ainsi qu’à ses experts, Roland, le leader du groupe, ayant des problèmes d’ouïe. Lui qui se veut le champion de l’écoute aura beaucoup de difficultés pour tenir cette promesse avec une telle carence. A moins qu’il ne s’agisse d’une posture… « Parlez, messieurs dames, je vous écoute mais ne vous entends point ! »
La campagne est déjà bien partie et navigue entre le « On promet tout, on rase gratis ! » et le « Non, rien de rien, Non, je ne ferai rien ».
Alors que les collectivités locales songent toutes à unir leurs moyens pour être davantage efficaces notamment la Région Alsace et ses Départements, lui veut séparer Ville et CUS (nous y reviendrons prochainement) pour récompenser ses camarades quitte à augmenter très sensiblement les coûts de fonctionnement. Ce n’est pas grave, les Strasbourgeois payeront ! Et pour faire passer la pilule, promesse d’immobilisme pendant 6 ans. « On ne fera rien » et c’est Roland lui-même qui le dit. D’ailleurs si nous connaissons déjà les grandes lignes de l’équipe (les mêmes qu’en 2001 mais avec les anciens membres du cabinet en bonus) nous risquons d’attendre encore très longtemps un projet car à ce niveau, c’est le désert absolu.
15:50 Publié dans Municipales et Cantonales 2008 | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Ries, Trautmann, Herrmann, PS, Immobilisme, UPS, Tandem



