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samedi, 10 novembre 2007

La situation politique chez notre voisin belge est inquiétante.

312ff4560dbac0b364d81f5f79fda5af.pngComme l’évoque Pierre Rousselin, dans son édito paru hier dans le Figaro, nous courrons le risque d’une balkanisation de l’Europe. Voilà pourquoi je reste favorable un état central fort pour ne pas assister à un démantèlement des différentes nations européennes qui verraient les régions riches s’opposer aux pauvres. Avec un tel positionnement politique, l'Allemagne n'aurait certainement jamais été réunifiée... 
L'Alsace, par exemple, pourrait demander son autonomie en prétextant payer trop pour les autres. La récente crise économique allemande a pourtant démontré que notre région peut être riche mais que le risque de s’appauvrir existe lorsque les voisins vont mal. Notre taux de chômage n’a-t-il pas augmenté plus rapidement durant cette période de crise éconmique que dans les reste des régions Françaises ? Puisqu’on parle de l'Alsace, je relève que Robert Spieler vante régulièrement ses amitiés avec Filip Dewinter, chef de file des identitaires flamands. Cela présage-t-il de ses ambitions pour notre Région ?

Pour montrer la tolérance des flamands à l’égard des Wallons, bref de la bêtise qui anime les autonomistes, je vous laisse découvrir ces 2 articles parus dans le Figaro. Les camps de concentration à la yougoslave ne sont pas loin…

PS : Cette actualité soulève une question importante : en cas d’aggravation de la crise, Bruxelles peut-elle réellement demeurer la capitale Européenne?


L’éditorial de Pierre Rousselin du 9 novembre 2007.

La Belgique peut subsister plus de 150 jours sans gouvernement mais ne survivra pas si l’intérêt général ne suffit plus à créer un minimum de consensus entre ses deux composantes, la Flandre et la Wallonie.Depuis les élections du 10 juin, la sempiternelle question linguistique empêche la formation d’un nouvel exécutif et plonge le royaume dans une crise apparemment sans issue. Le dernier coup de force des députés flamands est particulièrement grave, dans la mesure où il vise l’un des derniers symboles, avec la monarchie, de l’unité du pays : le statut de Bruxelles et de ses environs. La périphérie de la capitale abrite la seule circonscription mixte du pays, qu’il est question maintenant de scinder en deux.

Pour la première fois depuis la création du pays, en 1830, les représentants des six millions de Flamands ont utilisé leur majorité pour imposer leur volonté aux quatre millions de francophones. La tradition du compromis à la belge, qui a permis aux deux communautés de vivre ensemble depuis 177 ans, est sérieusement mise à mal.
La Flandre a su profiter des transferts venant d’une Wallonie industrielle jadis prospère pour investir, se moderniser et devenir la région la plus riche du pays. Elle veut maintenant s’émanciper, opte pour un libéralisme économique visant à lui faire profiter de la mondialisation et cherche à se libérer du boulet que représente pour elle une communauté francophone attachée à la défense de ses acquis sociaux.
Aux dernières élections, un Flamand sur quatre a voté pour des partis qui veulent la fin de la Belgique.L’hypothèse de la partition, naguère invraisemblable, doit aujourd’hui être prise au sérieux. Il y a dans la surenchère autonomiste – et parfois indépendantiste – flamande le même parfum de revanche historique que celui qui existe en Espagne, avec les revendications du Pays basque et de la Catalogne. Même s’il est moins avancé, un processus similaire est à l’œuvre dans d’autres pays européens comme en Italie du Nord ou au Royaume-Uni avec la dévolution accordée à l’Écosse et au pays de Galles.
Il est paradoxal de constater que la logique du chacun-pour-soi s’étend à mesure que progresse la construction européenne. Certains semblent plus enclins à aider un pays éloigné, récemment entré dans l’Union, qu’à se montrer solidaires de leurs propres compatriotes moins favorisés.
Certes, l’Europe encourage la décentralisation et le régionalisme. Il y a là un facteur de développement et de libération d’énergies considérable. Mais il ne faudrait pas que les séparatistes de tout poil aient le sentiment d’agir en parfaite impunité et qu’ils puissent penser bénéficier, quoi qu’il arrive, des avantages de l’Union européenne.
À l’heure où se profile l’indépendance du Kosovo, l’Europe devrait se poser la question de ses frontières intérieures. Laisser imploser la Belgique, pays fondateur de l’Union européenne, siège de ses institutions, serait ouvrir la porte à la balkanisation de l’Europe.

L’amertume des francophones de la banlieue de Bruxelles par Thierry Portes(Le Figaro 9/11/2007)

Même si les communes flamandes consententdes «facilités» aux francophones, ces derniers se sentent marginalisés, voire brimés.
Le salut passe par Waterloo. Mais avant d’en arriver à cette extrémité, qui traduirait une guerre totale entre Flamands et Wallons, l’arrimage à Bruxelles est la meilleure solution pour tenir en ces temps troublés. Voilà ce que ruminent les francophones de Rhode-Saint-Genèse qui étouffent en région Flandre et lorgnent, tantôt vers le sud et cette Wallonie distante de quelques kilomètres, juste passée la pancarte de Waterloo, tantôt au nord, vers Bruxelles, tout aussi proche.
Vécu en Belgique comme un traumatisme, le vote par les élus flamands d’une scission de l’arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde a pris des allures de tremblement de terre à Rhode-Saint-Genèse. Cette commune de 18 000 âmes vivant au large parmi les bois, se trouve à l’épicentre de chaque séisme qui déchire l’unité nationale belge. Ici, vivent une majorité de francophones (65 % de la population municipale). Mais c’est la plus faible proportion parmi les six communes «à facilités» de l’arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde situées en région Flandre. Ces «facilités», à l’origine accordées aux francophones vivant en pays flamand, se sont transformées en difficultés, et les poupées gigognes administrative, politique et culturelle, sont aujourd’hui autant de carcans rendant la vie impossible.

Dans son hôtel de ville, Myriam Delacroix-Rolin, bien que francophone, se doit par exemple, en tant que bourgmestre d’une commune de Flandre, de parler flamand. Vis-à-vis du personnel de mairie, c’est une nécessité : les actes administratifs devant être rédigés en flamand, tous les postes d’agents sont de facto réservés à cette communauté. En conseil municipal, c’est une obligation. Si le maire y déroge, les décisions peuvent être annulées. Un scrutateur, dépêché par la région, veille au grain. Et le fonctionnaire flamand est tatillon. Ainsi Myriam Delacroix-Rolin n’a-t-elle toujours pas été nommée bourgmestre, un recours ayant fait valoir qu’elle s’était adressée en français à des électeurs lors de la dernière campagne.

La messe en flamand

«L’atmosphère est très mauvaise», ne peut que constater Mme Delacroix-Rolin, dont l’effigie a été brûlée lors d’une récente manifestation d’extrémistes flamands du Vlaams Belang venus d’Anvers et des communes limitrophes. Moins symbolique, mais ô combien plus important, l’élue peine à décrocher des subventions de la région. Un handicap partagé par toutes les associations francophones de sa commune. Par crainte de représailles – un sentiment largement partagé chez les Wallons – la responsable de la bibliothèque Charles-Bertin se refuse à toute déclaration. C’est la femme du fondateur de cette association qui se charge de décrire «la situation délicate» et «toujours inquiétante». «Au moins, se rassure-t-elle, ils ne peuvent pas nous obliger à fermer la porte», contrairement à ce qui se passe dans les communes voisines qui ne sont pas «à facilités linguistiques».
Pierre de Croly, qui gère également une association culturelle francophone, peste contre les «tracasseries». Et contre cet arrêt de la Cour constitutionnelle fédérale qui, au nom de «l’homogénéité linguistique», interdit à Bruxelles ou à la Wallonie d’aider des actions francophones en Flandre.
«Je pourrais recevoir de l’argent de la France ou du Canada, mais pas de Bruxelles !», s’exclame-t-il, avant de confier un stratagème imaginé il y a peu. L’idée était de faire transiter les subsides de Bruxelles par la représentation Wallonie-Bruxelles de Paris. La région flamande a découvert le subterfuge. L’affaire est remontée très haut, jusqu’à un échange diplomatique avec la France...
Les aides sociales passent, elles aussi, au tamis de la région flamande. Martine, qui habite une HLM rue Papillon, s’est effrayée d’entendre son voisin – «un Anversois extrémiste de 80 ans» – lui prédire qu’elle allait être «éjectée, au même titre que les Noirs, parce qu’elle ne parle pas flamand». Heureusement, un autre voisin flamand l’a rassurée : «Maintenant que tu y es, ils ne vont pas t’expulser. Mais tu devrais apprendre le flamand pour pouvoir parler à l’administration.» Que la région flamande ait bloqué la plupart des chaînes françaises sur un câble dédié aux télévisions flamandes doit sans doute être perçu comme une autre invitation à l’effort linguistique.
La peur de déplaire – «ma vitrine a été taguée», répètent les commerçants du Parvis Notre-Dame – ou de ne pas obtenir une aide, rend le climat aussi lourd que le ciel de novembre. Le père Michel Gaillard ne veut pas admettre – ce que tous les chrétiens ici savent pourtant – qu’il est le seul à pouvoir dire l’office en français. Dans les quatre autres paroisses, les voix qui s’élèvent vers Dieu sont uniquement flamandes. Mme Clarens, la directrice de l’unique école communale francophone, a recours à des litotes – «ça s’est durci» –, mais cache mal ses efforts entre l’inspection administrative, flamande, et l’inspection pédagogique, francophone. Et qu’elle doit parfois fermer les yeux sur ces enfants de travailleurs bruxellois originaires d’Amérique, d’Allemagne ou d’Angleterre, qui choisissent son établissement, en principe réservé aux seuls gamins dont la langue natale ou usuelle est le français. D’ailleurs, peu importe ce petit détour linguistique : ils parleront, demain, tous anglais

Commentaires

Que de contre-vérités, de méconnaissance et surtout "d'idées" hâtivement jetées sur le papier. Oser écrire comme vous le faites "Les camps de concentration à la yougoslave ne sont pas loin…" est tout simplement scandaleux en ce qui concerne les Flamands. Idem quand vous parlez de "la bétise des autonomistes".
Votre jacobinisme à tout crin est pénible. L'Alsace, tout comme certaines régions est méprisée depuis tellement d'année par Paris, que la grande majorité de ses élus rampe devant les décisions de la capitale. On a encore vu récemment les élus alsaciens se faire cocufier par le président de la République, via l'ouverture...qui les remercie en faisant son Barnum de Conseil des Ministres, histoire de rajouter encore une couche à cela. Ce n'est pas une raison pour militer pour l'autonomie mais un peu de fermeté, de courage et d'opposition ne ferait pas de mal à nos représentants.
Votre réflexion concernant le leader du Vlams Belang manque tout autant de clarté. C'est par exemple le seul leader politique qui s'oppose à la vague musulmane sans précédent qui submerge le pays, notamment Bruxelles. En France, à Strasbourg au contraire, comme nous sommes des super malins, nous faisons tout pour développer encore plus l'Islam, au mépris de notre histoire et de nos traditions. Mais vous connaissez cela, puisque vous soutenez une équipe municipale qui fait des ronds de jambe devant le futur Ovnie-Mosquée du Heiritz.
Vous évoquez les régions, cela tombe bien, l'Europe, c'est avant tout des régions, des patries charnelles, une histoire si longue que ce ne sont sûrement pas des constructions synthétiques dessinées à la va-vite qui en arriveront à bout. Du moins, il faut l'espèrer.
Dans l'article cité du Figaro, on chante comme un mantra le mirage de la "construction européenne", qui rappellons-le aurait dû être stoppée après un certain "Non" français mais que bien évidemment, les gouvernement successifs tentent de ranimer artificiellement.
Si seulement vous consacriez autant d'énergie à dénoncer l'entrée de la Turquie en Europe, ce serait plus intéressant...maisil est vrai que là aussi le sieur Sarkozy se carapate depuis peu, lui qui jouait au matador contre cette entrée durant sa campagne !
Enfin, constatons que la conception politique du Figaro est bien étrange. Si la population belge, si des parlemantaires poussent la roue de la scission, so what ?
Faut-il comme le souligne encore cet article, faire appel aux instances européennes pour s'immiscer dans les décisions les plus souveraines d'un pays ? Envoyer des soldats pour empêcher cela ? Quelle blague !

Ecrit par : La Droite strasbourgeoise | dimanche, 11 novembre 2007

Vous êtes trop optimiste... la comparaison appropriée serait en réalité, d'imaginer (ou de souhaiter) que le riche Bas-Rhin fasse sécession de ces gueux de Haut-rhinois.
OUI demandons nous réellement ce que nous avons en commun avec ces pouilleux.
Enfin, à la réflexion je dois avouer qu'ils ont eux, un président de conseil général qui considère que l'UMP est un véritable parti populaire capable de rassembler le centre, les libéraux et les gaullistes.
Alors, ici comme là-bas restons ensemble pour le meilleur et pour le pire et rassurez-vous, les belges nous racontent une bonne histoire dont pour une fois la vedette n'est pas la frite mais la politique.
By the way pour les frites je vous recommande la Maison Antoine sur la place Jourdan.

Ecrit par : ciceron | dimanche, 11 novembre 2007

Pour faire suite à mon sévère premier commentaire, il faut rajouter qu'il n'y a pas que le Vlams Belang qui pousse à la scission mais bien d'autres politiques, notamment socialistes...et livrons encore cette citation :
Le professeur Johan Lambrecht, directeur à Bruxelles du Centre d'études flamand pour l'entrepreneuriat (SVO), enfonce le clou dans un entretien accordé au journal Le Temps du 14 septembre:
"La raison de [la disparité de chômage entre Flandres et Wallonie] est la culture d'assistanat social, d'Etat providence, qui règne dans la partie francophone. Le vrai défi, en Wallonie, est d'en finir avec cette culture de dépendance envers les pouvoirs publics. (...) La force de la Flandre vient de la capacité de sa population à se réinventer un avenir. Cela a été le cas après guerre, lors de la faillite des industries textiles comme le lin. Certaines mesures prises par le gouvernement flamand ont aussi joué un rôle positif sur le plan économique, comme la quasi-suppression des droits de succession."

Ecrit par : La Droite strasbourgeoise | dimanche, 11 novembre 2007

Je partage régulièrement les positions de la Droite Strasbourgeoise mais en l’espèce cela m’est impossible. Certes, comme elle je suis contre l’entrée de la Turquie en Europe (comme la grande majorité des européens d’ailleurs) mais que vient faire l’Islman dans le débat Belge ?
Lorsque je vois la manière dont sont traités les francophones par les Flamands, les premiers mots qui me viennent à l’esprit sont bêtise et racisme. Empêcher les Francophones de parler le français durant un conseil municipal ou à la messe, bloquer les aides au développement culturel de la Wallonie, taguer des vitrines parce que leurs propriétaires ont le défaut d’être francophones, leur supprimer le droit de vote (je reconnais que des Français ont connu le même sort en nouvelle Calédonie) ce comportement me semble bien être raciste ! Ce n’est pas en gommant la culture wallonne qu’on rendra son économie plus prospère.
Le plus surprenant est de voir la gauche flamande participer à cette politique et les gauches européennes laisser-faire.

Ecrit par : Sioux 67 | lundi, 12 novembre 2007

Si nous avons évoqué la question de l'Islam en Belgique, c'est en raison de la propension des médias français (et cela se voit aussi dans cette note) de charger la barque du Vlams Belang régulièrement traité de parti "raciste", "fasciste" etc... et seul responsable de la séparation possible des deux communautés. Le Vlams belang est loin d'être le seul à demander cela.
A noter d'ailleurs que cette question semble tout aussi brûlante quand on voit ce que deviennent certains quartiers de Bruxelles, vraies zones islamisées et qui seront interdites bientot à toute autre communauté !Il semblerait d'ailleurs que cette note fasse suite à un récent discours du "leader maximo" strasbourgeois, Robert Grossmann, dénonçant les tentatives identitaires frappant les Flamands et qui pourraient tenter certains alsaciens, notamment via Alsace d'Abord. Les deux exemples sont totalement incomparables ; les alsaciens sont loin de demander l'autonomie et nous ne croyons pas qu'un parti ne la demande. Mais un peu d'identité, de fierté locale ne nous ferait pas de mal...

Ecrit par : La Droite strasbourgeoise | mardi, 13 novembre 2007

JH et Sioux 67 prennent le problème par le mauvais bout de la lorgnette, et se dispensent un peu facilement de la perspective historique, laquelle est déterminante ici. Les Flamands ont été traités comme de la merde par les Francophones, depuis les débuts de la Belgique jusqu'à il y a... peu de temps encore.

Les Wallons réclament d'être respectés par les Flamands? Comment ne pas leur donner raison... mais comment ne pas être tenté de leur rappeler que pour être respecté, mieux vaut être respectable (désolé de traumatiser d'éventuels lecteurs de Gauche par cette affirmation), et être le groupe humain le plus corrompu d'Europe occidentale (je parle ici des élites wallones politiques, syndicales et économiques) ne va pas en ce sens.

De même, comment ne pas être tenté de leur rappeler que pour être respecté, mieux vaut commencer par respecter. La majorité des Flamands sont aptes à parler français (même s'ils le feront bien plus volontiers avec un Français, qu'avec un Wallon), la majorité des Wallons sont inaptes à parler néerlandais. Pourquoi? Inaptitude génétique? On songera plutôt à un gros reste d'arrogance (avec en prime une culture de paresse) à l'égard de ce qui est tout de même la langue majoritaire d'un pays où l'"Union fait la Force".

Ecrit par : LMD | mardi, 13 novembre 2007

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