« On connait la compo ! | Page d'accueil | Réponse à un courrier qui parle d'une lettre... »

jeudi, 11 octobre 2007

Mains sales et têtes basses !

Après les partis politiques au début des années 90, ce sont aujourd'hui les syndicats qui vont être encouragés à remettre leur fonctionnement et leur financement à plat. On avait déjà connu des frémisses avec les soupçons planant autour de la SNCM ou du comité d’entreprise d’EDF. A présent, les retraits liquides de Denis Gautier-Sauvagnac dans le cadre de son activité au sein de l'Union des industries et métiers de la métallurgie ouvrent un nouveau front. Ces retraits auraient servi à acheter la "paix sociale" et ne seraient que la partie immergée de l’iceberg. Cet actualité sera, espérons-le, l’occasion de déclancher dans ce milieu une grande opération mains propres !

Pour compléter mon propos, je vous livre l'éditorial de Nicolas Barré paru dans Le figaro du 08 octobre 2007.

Qui l'ignore ? Argent liquide, emplois fictifs, comptabilité inexistante... Cette panoplie familière du financement occulte des partis politiques caractérise également, et depuis fort longtemps, le mode de rémunération des organisations syndicales. Mais, de la même manière que l'on a fermé les yeux sur la face noire de la vie politique pendant des décennies, cette dimension peu reluisante de nos relations sociales a longtemps été tue, personne n'ayant intérêt à briser le mur du silence. Dans d'autres milieux, on appelle cela l'omerta.

Cette époque est révolue. Les révélations sur les retraits en liquide - on parle désormais d'une douzaine de millions d'euros - ordonnés par le responsable du patronat de la métallurgie ont ouvert la boîte de Pandore. D'où venait l'argent ? Et quelles poches a-t-il alimenté ? La justice est saisie, elle se prononcera. Mais les enquêteurs eux-mêmes affirment privilégier la piste du financement syndical et, sans offenser qui que ce soit, il n'est point besoin d'un flair exceptionnel pour parvenir à une telle hypothèse. Les meilleures sources confient que cet argent liquide visait à « fluidifier le dialogue social », savoureuse expression décrivant, on l'imagine, tout un système de marchandages, de petits arrangements et de complicités honteuses. Les fédérations CGC, CFTC et FO de la métallurgie, dont les liens avec le patronat du secteur sont les plus forts, ont été les plus promptes à crier leur innocence. L'une d'elles a même, la première, parlé de « valises » dans cette affaire, pour nier bien sûr en avoir reçu. Là encore, la justice déterminera si tant de célérité signe ou non un comportement de suspect, comme on dit dans les enquêtes criminelles.

Les partis politiques ont connu pareil séisme, lorsque les premiers scandales de financement illicite ont éclaté il y a une vingtaine d'années avec l'affaire Urba. Que n'a-t-on entendu alors sur le thème de la démocratie en danger ou des juges faisant le jeu des extrêmes avec leurs opérations « mains propres ». Certes, les partis ont été affaiblis et des figures de notre vie politique ne s'en sont jamais relevées. Mais certains signes, tels que l'augmentation du nombre d'adhérents, montrent que la crise a été salutaire, en tout cas pour les grandes formations de gouvernement. On ne peut prétendre représenter les Français et inspirer en permanence le soupçon.

De la même manière, l'exigence de transparence, omniprésente dans le monde de l'entreprise, ne saurait s'arrêter au seuil des organisations syndicales dites « représentatives ». Sans doute faut-il s'attendre, comme pour les partis, à ce que l'on implore la prudence au nom de la préservation de la paix sociale. À ce que l'on cherche à éviter le « grand déballage ». Sans doute aussi des figures du paritarisme ne s'en remettront-elles pas.

Mais ce n'est pas parce que certaines pratiques douteuses remontent aux origines du mouvement ouvrier ou du comité des Forges que le temps et la force des habitudes les rendent légitimes. Cela fait des années que la question du financement des partenaires sociaux est sur la table. Il est temps qu'elle soit traitée

PS : Mon titre est volontairement provocateur mais il n’est qu’un détail de cette note… Aie ! Comme la fameuse cité, mon vocabulaire du jour est à présent interdit… Avant que les "censores librorum" ne se manifestent, je bois la ciguë pour expier mes fautes…

Commentaires

Mit oder Ohne, la cigue ! Et ça, c'est pas un détail !

Ecrit par : Alsator | jeudi, 11 octobre 2007

Je crois qu’il y en a beaucoup qui souhaitent que cela se fasse avec (Mit)…

Ecrit par : Porthos du Vallon | vendredi, 12 octobre 2007

Ecrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.