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dimanche, 08 avril 2007
Vous avez dit identité Nationale?
Controverse sur une image de Mahomet ( article paru dans le Figaro du 7/04/07 - Marie-Estelle Pech)
La miniature du Prophète a été "floutée" dans un livre d'histoire-géographie. Une forme d'"autocensure de l'éditeur" dénoncée par des défenseurs de la laïcité.
CERTAINS enseignants ont tendance à éviter les sujets qui fâchent en classe. Désormais, des éditeurs sont aussi enclins à l'autocensure. Le lycée Léonard-de-Vinci à Ecquevilly (Yvelines) a reçu à la rentrée scolaire un manuel d'histoire-géographie de cinquième édité par Belin, où le visage du Prophète Mahomet, sur une miniature du XIIIe siècle illustrant un chapitre consacré au monde musulman, avait été « flouté ». Des enseignants de l'établissement et le proviseur ont alors écrit à l'éditeur pour demander que les manuels « soient conformes au spécimen qu'ils avaient consulté avant de le choisir » et qui ne comportait pas de visage effacé. L'éditeur refuse aujourd'hui de reprendre les ouvrages et a justifié sa décision de modifier l'image pour « ne pas créer de problèmes avec des élèves », puisque l'islam interdit la représentation du prophète. « Il nous a proposé de nous renvoyer la page non floutée », précise-t-on au lycée.
Une «démarche contraire à celle de l'historien»
Animateur du site Internet www.atheisme.org, Jocelyn Bézecourt a dévoilé l'affaire pour dénoncer ce « cas d'autocensure ». Il estime que ce comportement conforte un petit nombre d'obscurantistes. De même au SNES, principal syndicat d'enseignants du secondaire, on se dit choqué, tout en précisant avoir tous les jours connaissance de tels problèmes. « De plus en plus d'enseignants préfèrent ne pas aborder certaines questions touchant à la religion. Il est regrettable que les éditeurs les relaient. » Pour Alice Cardoso, en charge du groupe histoire-géographie au Snes, il est « injustifiable de manipuler une source. Sur le fond, on ne peut que condamner ce procédé, c'est une démarche contraire à celle de l'historien ».
Selon Belin, la décision de floutage a été prise à l'été 2005. Bien longtemps donc avant que l'affaire des caricatures de Mahomet n'éclate. Marie-Claude Brossolet, PDG de la maison, ne regrette pas son choix, car un éditeur de manuel scolaire est responsable, selon elle « de la paix dans les classes ». Plusieurs enseignants, lors de la présentation du livre, avaient fait part du caractère provocant d'une telle représentation « et de la difficulté d'enseigner dans des classes hétérogènes où plusieurs nationalités et religions se côtoient », justifie-t-elle.
Les manuels d'histoire-géographie sont très exposés à la controverse : « Quand nous publions un texte de Théophile Gautier, on nous accuse d'antisémitisme, du fait des convictions du poète, et quand il s'agit d'une carte de France des langues, les organisations de défense de l'occitan nous appellent. » Belin estime qu'à chaque publication de ces manuels au moins un tiers des lecteurs sont en désaccord avec leur contenu.
09:32 Publié dans Notre Histoire revisitée | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note



Commentaires
Visiblement c’est relâche pour ce week-end. Et puisque vous parlez d’identité nationale, permettez-moi de vous souhaiter de Joyeuses pâques !
Ecrit par : Dédé | dimanche, 08 avril 2007
C’est scandaleux ! On réécrit et on arrange notre histoire pour faire plaisir à des minorités.
Ecrit par : Pascal Fleck | dimanche, 08 avril 2007
Et ce n’est qu’un commencement. Vous auriez pu évoquer les livres et les auteurs qui ne sont plus étudiés, certaines périodes de l’histoire qui sont occultés, des programmes de SVT qui sont adaptés ou des sports dont certaines sont dispensées…
Ecrit par : Aurélie K | dimanche, 08 avril 2007
Sur le thème de l'identité nationale, voici un article écrit par Sergio Luzzatto pour le Corriere della Sera :
«Pour qui retentit La Marseillaise ? La campagne présidentielle en France s’est enflammée à propos d’un thème qui pourrait sembler à première vue une polémique dépassée, l’ultime bataille franco-française aussi interminable qu’inutile. En réalité, la question est sérieuse, et ceux qui, de l’extérieur, seraient tentés de la minimiser commettraient une lourde erreur. Ne serait-ce que parce que la France est un pays qui, voilà deux ans, s’exprimant par référendum contre le projet de Constitution européenne, a fait de la défense de son identité nationale une affaire qui nous concerne tous. Candidat de la droite, Nicolas Sarkozy a été le premier présidentiable à faire de l’identité nationale un argument de campagne, entre autres raisons pour ne pas laisser le monopole de ce thème à Jean-Marie Le Pen. Le candidat de l’UMP s’est ensuite dit favorable à la création d’un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale, provoquant une tempête de critiques contre une idée considérée comme digne du Front national, voire de Vichy. Mais Ségolène Royal lui a emboîté le pas quelques jours après en s’aventurant aussi sur le terrain identitaire.
Depuis la Révolution française, le drapeau tricolore et La Marseillaise ont été perçus par toute une partie de la France (et de l’Europe) comme des symboles émancipateurs. Ils sont les vecteurs de ce message de liberté-égalité-fraternité que les révolutionnaires ont adressé à la « grande nation », laquelle l’a transmis aux républicains du XIXème et du XXème siècle. En défendant la cause de l’hymne national et du drapeau tricolore, la candidate socialiste a voulu s’inscrire dans une tradition républicaine et non pour flatter les mentalités chauvines. Pourtant, on peut se demander si aujourd’hui la France (ou l’Europe) a vraiment besoin de ce débat-là. En clair, la France a-t-elle vraiment besoin de citoyens connaissant l’hymne national par cœur ou de Français qui auraient fait leur la vieille devise britannique Right or wrong, my country (A tort ou à raison, mon pays) ? On peut se demander si la France et l’Europe n’auraient pas besoin du contraire, c’est-à-dire d’appartenances nouvelles plutôt que de slogans éculés. De discernement critique plutôt que de rituels et de réflexes conditionnés. De ce point de vue, la position du troisième « présidentiable », le centriste François Bayrou, est remarquable par son équilibre et son refus des dérives populistes. Quand Sarkozy a proposé son ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale, Bayrou a refusé l’idée même de traiter l’un ou l’autre problème sous une dénomination unique. Et lorsque Ségolène Royal s’en est tirée par un éloge du drapeau tricolore et de La Marseillaise, Bayrou l’a d’abord critiquée pour avoir cédé à la « perpétuelle névrose de l’identité ».
Ecrit par : marc | dimanche, 08 avril 2007
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